Elles sont des événements incontournables des supermarchés et hypermarchés de France. Les Foires aux Vins à l’approche de l’automne et des vendanges, les allées des magasins se parent de leur plus belle caisse et tapis rouge. Depuis quelques années, les foires aux vins se réinventent.

Événement commercial par excellence dans la grande distribution et lieux de théâtralisation hors norme, les Foires aux Vins permettent chaque année à de nombreux passionnés de vin d’approvisionner leur cave. Les rayons se parent de leur plus bel atout pour proposer des crus d’exception et mettre à l’honneur des productions régionales. Pas moins de 50 millions de bouteilles sont écoulées sur la période de septembre à octobre.

De mémoire de chef de rayon, fût un temps des parkings inondés par des amateurs de vins souhaitant remplir leur caddie de caisse de vins. Le temps est passé par là depuis et les Foires aux Vins se sont essoufflées.

Mais depuis quelques années, elles séduisent moins les consommateurs aguerris, ajoutés qui plus est par la concurrence de nouveaux acteurs tels que les sites ecommerce et les caves qui surfent sur l’événement. Les magasins n’ont donc d’autres choix que de se réinventer en revoyant notamment leur offre pour correspondre aux nouvelles attentes des consommateurs.

Un changement d’habitude des consommateurs dans leur consommation de vin

Les consommateurs ont profondément modifié leurs habitudes de consommation. Le rapport des Français face aux vins a changé : alors qu’ils consommaient 100 litres par an dans les années 60, en partie grâce à la promotion de sa consommation et de ses bienfaits pour la santé, ils en consomment moins de 40 litres depuis les années 2000.

Inéluctablement, la tendance est baissière d’autant plus accentuée par les messages de santé prônant une réduction de l’alcool pour la santé. Alors oui, les Foires aux Vins boudent leur succès d’antan.

Côté conso, les consommateurs se tournent également davantage vers de fins prêts à boire que des vins à conserver. La patience a ses limites qui n’atteignent pas la nouvelle génération.

Plus de vins régionaux et de bio

Pour répondre aux nouvelles attentes, la grande distribution a notamment revisité son offre. Les Vins de Bordeaux n’ont plus le même succès. Ils sont remplacés dans leurs achats par des vins jugés moins prestigieux. Jusqu’aux années 2010, l’offre des vins de Bordeaux représentait en effet 50% des volumes, avant de redescendre à moins de 40% en 2019.

Fini aussi les caisses de grands crus prestigieux à plusieurs dizaines d’euros qui étaient proposés à des prix raisonnables. Ces produits se font aujourd’hui plus rares dans les rayons, brisant le fantasme des consommateurs de se procurer des millésimes rares à des prix défiant toute concurrence. Certaines maisons refusent aussi de casser leur image de marque en bradant les prix.

Alors pour compléter les traditionnelles bouteilles de Bordeaux, les distributeurs font le pari de régions moins prestigieuses, mais très réclamées par les consommateurs d’aujourd’hui. Ces dernières années, les vins de Loire, de Savoie, d’Alsace récoltent de francs succès. Même constat pour les vins étrangers : d’Italie à l’Espagne, en passant par le Chili ou l’Argentine, qui attirent un nouveau public.

Sur la vague croissante du bio, les Foires aux Vins proposent également une offre élargie de Vins biologiques. La tendance ne concerne pas uniquement les produits alimentaires. Ces vins aux valeurs plus éthiques et écologiques affichent des progressions constantes dans les rayons et pourraient très bien être les stars de ces Foires aux Vins édition 2020.