Depuis l’adoption de la loi GAROT, le 11 février 2016, le bilan fait état d’effets très positifs. De plus en plus, les enseignes de la grande distribution s’engagent pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

Le 11 février 2016, la France est le premier pays au monde à se doter d’une législation aussi forte contre le gaspillage alimentaire. Adoptée à l’unanimité successivement par l’Assemblée nationale (le 9 décembre 2015) et le Sénat (le 3 février 2016), la loi concrétise l’engagement pris par les pouvoirs publics de réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2025. Elle cible principalement la grande distribution.

En adoptant cette loi contre le gaspillage alimentaire, la France se hisse au rang des pays pionniers de l’anti gaspillage dans le monde.

Ce qu’on doit savoir sur la loi GAROT

Depuis février 2016, les supermarchés de plus de 400 m² n’ont plus le droit de rendre impropres à la consommation des invendus encore consommables, et doivent pour cela nouer un partenariat avec une association d’aide alimentaire pour lui donner ses invendus alimentaires. En cas de refus, les supermarchés sont passibles d’une amende de 3750 euros par infraction, sans compter qu’ils s’exposent à une mauvaise réputation auprès de leurs clients. Grâce à cela, plus de 10 millions de repas ont été donnés aux plus démunis.

Qu’en est-il concrètement en termes de résultats ?

« La dynamique est lancée. Les résultats sont là et les grandes surfaces donnent », explique Guillaume Garot. D’après l’élu, « plus de 95% des magasins de plus de 400 mètres carrés donnent désormais leurs invendus à des associations de solidarité ». D’après les chiffres des Banques alimentaires, cités par Guillaume Garot, les denrées alimentaires collectées sont passées de 36.000 tonnes à 46.000 tonnes entre 2015 et 2017, soit une hausse de près de 28%. Afin d’avoir des chiffres officiels, le député PS conduira une évaluation de la loi de 2016 d’ici la fin de l’année. De son côté, Arash Derambarsh assure que «10 millions de repas ont été distribués » et que « les dons aux associations ont augmenté de 22% » depuis février 2016.

Jean-Claude Guesdon, secrétaire général des Restos du cœur, affirme que les dons ont augmenté de 24% par rapport à la période précédant la loi. « La loi Garot marche et permet de récupérer des produits alimentaires avant leur fin de vie ». A-t-il précisé.

L’émergence de start-up en soutien à la grande distribution dans la lutte contre le gaspillage alimentaire :

Phenix : Fondée en 2014 par Jean Moreau, Phenix, la start-up française, est devenue un symbole de réussite dans la lutte contre le gaspillage alimentaire en accompagnant la grande distribution dans la valorisation des invendus. La start-up met en relation magasins et associations et organise la collecte des invendus afin de les redistribuer. Phenix propose également des coachs en magasin afin d’apporter un conseil et un suivi rigoureux des actions anti-gaspi.

Smartway (Zéro-Gâchis) : Zéro-Gâchis est un pionnier dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Fondé par les frères Paul-Adrien Menez et Christophe Menez en 2012, Zéro Gâchis est devenu SmartWay en 2021, la solution propose un accompagnement complet aux magasins en s’appuyant sur une technologie basée sur de l’intelligence artificielle.

Comerso : Créé en 2013 à Nantes par Pierre-Yves Pasquier, ancien cadre commercial de Danone, Comerso récupère auprès des supermarchés les invendus alimentaires proches de la date limite de consommation pour les confier à la Banque alimentaire ou à d’autres associations caritatives. Pour accélérer le déploiement de ses services auprès des associations caritatives en France et à l’international, Comerso se renforce avec une levée de fonds de 2,2 millions d’euros réalisée avec le concours de l’investisseur social IMPACT Partenaires, d’Aquiti Gestion et de Bpifrance.

Too Good To Go : Too Good To Go est une start-up lancée fondée par Lucie Basch en France en 2016, elle revendique 24 millions d’utilisateurs, dont 8 millions en France. Elle permet à des consommateurs d’acheter des produits alimentaires invendus sous forme de paniers à petit prix. L’application apporte aussi plus de trafic aux commerçants qui mettent des paniers en vente, et leur chiffre d’affaires grimpe car on ne jette pas, mais on revend ce qui a été invendu.