Menace sur l’emploi. La crise sanitaire de 2020 laisse déjà des traces dans le monde du travail. Plusieurs milliers de postes dans la grande distribution, les centres commerciaux et chez les industriels sont à déplorer. De mauvais augure pour 2021.

Si vous avez un travail aujourd’hui, gardez-le. Le monde du commerce subit la chute de fréquentation et les pertes de chiffres d’affaires du printemps dernier. Malgré les tentatives de redresser la barre, cela aura raison de plusieurs emplois. Selon les travaux du Monde, 6057 emplois ont déjà été perdus dans le secteur du commerce. Et ce, sans compter les postes perdus dans l’industrie, la logistique et chez certains producteurs de la filière agricole et de la pêche.

Les prêts garantis par l’État auront fini par retarder l’échéance redoutée d’une vague de licenciement en France. Tous les secteurs concernés. 2020 annonce la couleur. Et 2021 n’augure rien de positif. Des dizaines de milliers de postes sont déjà menacés.

La société Trendeo, observatoire de l’emploi et de l’investissement, a déjà recensé plus de 35 000 suppressions de postes au cours des trois derniers mois. Le pire serait à venir selon les prédictions de certains experts.

Des milliers d’emplois perdus en hypermarchés, centres commerciaux et les centrales logistiques

La grande distribution n’est pas épargnée par ses plans sociaux et de restructurations. Qu’elle soit alimentaire, spécialisée, ces suppressions de postes concernent aussi bien les points de vente que des centres commerciaux ou des centrales logistiques.

Auchan Retail France a déjà annoncé la perte de 728 postes dans le cadre de son plan de restructuration. De nombreux hypermarchés sont aussi concernés comme ceux d’Aubière, La Chapelle-Saint-Aubin, Saint-Étienne, Villars, Dieppe, Englos, Dury, Chassieu, Aubagne, Martigues, Marseille et Vedène. Même constat pour la branche logistique de l’enseigne qui supprime 83 emplois sur deux sites.

D’autres enseignes sont concernées : 12 postes à Netto à Pontivy en Bretagne, 19 postes à Cora à Longeville-lès-Saint-Avold en Moselle, 375 postes à Alinéa à Villars, à La Mézière et à Aubagne, 159 postes chez Kingfisher (enseigne Castorama, Brico Dépôt), 105 postes chez Top Office à Villeneuve-d’Ascq, 25 postes chez Décathlon à La Trinité, Alpes-Maritimes et Pierry, 83 postes chez Promod à Marcq-en-Baroeul et Wattrelos, 383 postes à Celio France à Saint-Ouen. Le bilan est sévère également pour Printemps qui supprime 428 emplois.

On retrouve également 133 postes supprimés chez Intermarché dans la centrale logistique de Chaulnes.

Les industriels touchés aussi par la crise

Au sein des industriels, le constat est criant. Plusieurs sociétés ont déjà annoncé la suppression de postes. Les grosses sociétés ne sont pas épargnées. Le siège de Coca-Cola European Partners France à Villejust dans l’Essonne a annoncé la suppression de 40 postes. Constat alarmant même chez Nestlé Waters Supply Sud à Vergèze dans le Gard qui supprime 250 postes.

D’autres sociétés suivent : Société laitière de Retiers en Bretagne supprime 177 postes, les établissements Paul Paulet – Petit Navire à Douarnenez dans le Finistère supprime 7 postes, United Biscuits France – Biscuiterie Nantaise à Vertou en Loire-Atlantique supprime 37 postes, Saint Louis Sucre à Nassandres dans l’Eure perd 30 postes et l’usine des Fromageries Rambol à Saint-Arnoult-en-Yvelines dans les Yvelines supprime 83 postes.