Si le virus est reconnu auprès des professionnels de santé comme une maladie professionnelle, ce n’est pas le cas pour les salariés de la grande distribution et d’autres secteurs d’activité en première et deuxième ligne de cette crise sanitaire.

La question se posait sur les bancs de l’Assemblée. Le débat pour une reconnaissance du Covid 19 comme maladie professionnelle a eu lieu.

Si le virus est reconnu auprès des professionnels de santé comme une maladie professionnelle, ce n’est pas le cas pour les salariés de la grande distribution et d’autres secteurs d’activité en première et deuxième ligne de cette crise sanitaire.

Une reconnaissance officielle pour les professionnels de santé

Plusieurs experts se disaient favorables à ce que cette reconnaissance ne soit pas uniquement bénéfique aux professionnels de santé. Cette reconnaissance devait concerner également le secteur de la grande distribution, de l’alimentation, des transports et de la sécurité.

Face aux dangers de contamination, de nombreux syndicats le réclamait également. La CFDT préconisait d’ailleurs que « toutes les situations de travail en présentiel puissent, en cas d’atteinte à la santé due au Covid-19, relever d’une imputabilité d’office à titre professionnel ». D’ailleurs, avant que le débat soit lancé, les syndicats conseillaient aux salariés de la grande distribution qui aurait contracté le virus sur le lieu de travail de le déclarer en accident de travail.

« S’agissant des soignants (…) nous avons décidé une reconnaissance automatique comme maladie professionnelle, avec indemnisation en cas d’incapacité temporaire ou permanente »

Olivier Véran, ministre de la Santé

Les salariés de la grande distribution, oubliés par cette mesure

Si l’annonce officielle est légitime pour les personnels soignants, l’Académie de médecine, elle, prend une toute autre opinion. L’Académie recommande de son côté que cette reconnaissance puisse profiter également aux « personnels travaillant pour le fonctionnement indispensable du pays (alimentation, transports en commun, sécurité…) ».

Les salariés de la grande distribution seront donc soumis aux « procédures classiques » afin de déterminer si la contamination peut être considérée comme une maladie professionnelle. 

Face à cette décision, le syndicat Force Ouvrière a également pris la parole pour réclamer cet élargissement. Le syndicat souhaite en effet « l’élargissement, […] du dispositif de reconnaissance automatique en maladie professionnelle du Covid-19 pour tous les salariés exposés dans le cadre de leur activité », notamment les « secteurs de la distribution, de la logistique, aux éboueurs, aux travailleurs sociaux, aux postiers, aux personnels de sécurité…».

Encore une fois, les salariés positionnés en deuxième ligne de cette crise passent à la trappe. Nul doute que cette décision risque de faire encore débat dans les jours qui viennent.