On ne va pas se le cacher, mais travailler en grande distribution n’a jamais été très valorisé aux yeux de la société. La crise sanitaire liée à la propagation du Covid19 en France a donné un coup de projecteur à un secteur mal-aimé dans l’Hexagone. Mais que cela va-t-il changer ?

Tout au long de l’année, la grande distribution est régulièrement critiquée. Cible des politiques, des agriculteurs et mise à mal dans la relation commerciale qui les lie avec les industriels, la grande distribution est rarement citée dans les médias pour ses bonnes initiatives. Et pourtant, le secteur est un fleuron de l’économie française et une terre d’innovations pour les entrepreneurs.

Habitué des critiques, le secteur est aujourd’hui à la tête de cette “deuxième ligne” de professionnels. Ils sont nombreux à rester mobilisés pour continuer à faire tourner l’économie et permettre aux consommateurs de s’approvisionner. Auparavant dans l’ombre économique de la nation, les salariés sont aujourd’hui un peu plus exposés qu’avant.

Le regard des consommateurs a changé vis-à-vis de ces professionnels

Au front, jamais il n’a été autant question des conditions de travail des professionnels dans ce secteur. Et grâce (ou à cause) coronavirus, le secteur retrouve une exposition qu’elle avait perdue. “Ce n’est pas la grande distribution qui change mais juste les gens qui ouvrent enfin les yeux” témoigne un salarié du secteur.

Pour une fois, peut-être même la première fois de leur carrière pour certains, les professionnels de la grande distribution se sentent reconnus et plus ou moins valorisés. “Les clients n’ont aucune idée du travail que nous effectuons au quotidien” commente un responsable du secteur, “se lever tôt pour remplir les rayons, porter des charges lourdes, subir la fatigue de ces derniers jours, accueillir les clients en leur faisant respecter les gestes barrières, faire le maximum pour satisfaire la clientèle”. 

Car travailler en ce moment en grande distribution n’est pas de tout repos. Comme rarement en fait. Chaque semaine, le travail dans ce secteur requiert une grande polyvalence, une grande rigueur et une énergie physique afin de réceptionner les dizaines de palettes de marchandises qui arrivent chaque semaine dans les réserves. Sans compter le travail colossal de mise en rayon, de mise en avant des produits et du travail logistique nécessaire.

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Des passionnés qui continuent à aimer leur métier

Il faut le vivre au quotidien pour en prendre conscience mais la grande distribution regorge de professionnels passionnés par leur métier. “Je suis dans la Grande Distribution depuis presque 30 ans, et j’en suis fier !” insiste à cet employé, “heureusement qu’il y a des clients respectueux. Chaque jour je les remercie de me donner la force et la foi de continuer à faire mon métier, que j’aime et que je ferais jusqu’à la fin”. Évidemment, il y a ceux qui tiennent le choc car il considère “qu’ils font leur job”. 

Mais toujours est-il que les conditions actuelles ne suffisent pas à améliorer leur reconnaissance sur le terrain. “Est-ce que nous sommes mieux considérés ? Oui et non” témoigne cette salariée : “bien sûr il y a les clients respectueux qui effectivement ont conscience de notre boulot de notre engagement. Mais ce qui ne change, ce sont ceux qui ne nous respectent pas, qui ignorent, qui nous méprisent”.

Pour nombre d’entre eux, la reconnaissance des politiques dans les médias ne suffit pas. “Il manque encore la reconnaissance financière” explique ce salarié.

“Il y a ceux qui avant nous méprisaient qui aujourd’hui nous adule. Mais demain, ces messages nous ne les verrons plus”.

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La crainte d’un retour à la normale : un appel de respect et des messages de soutien

Diffusés sur les réseaux sociaux, les nombreux messages de soutien connaissent rapidement une forte visibilité, comme si les réseaux sociaux étaient un repère leur conférant de la visibilité. Un message diffusé sur Facebook a dépassé des chiffres de visibilité proche du million de personnes. Preuve que ces messages sensibilisent.

Voici le texte diffusé sur Facebook

Voilà plus de 3 semaines qu’ils sont au four et au moulin. La deuxième ligne comme on dit. 3 semaines qu’ils se lèvent tôt pour remplir les rayons. 3 semaines à venir au travail la boule au ventre. Sur le terrain, les magasins font ce qu’ils peuvent pour servir les clients. Les poules ne pondent pas 3 oeufs par jour et si des produits manquent en rayon, il n’est pas caché en réserve. Les professionnels s’adaptent au mieux. Ils connaissent leurs métiers. Ils savent toujours faire des commandes. Voir des rayons vides ne les enchantent pas vraiment. Désinfecter des caddies n’est pas la tâche qui nous fait le plus plaisir.

Et pourtant… Ils se mettent en danger chaque jour afin que les clients puissent remplir leurs caddies. Ils travaillent sans relâche et sans compter leurs heures. Ils sont fatigués. Ils ne sont pas épargnés par une éventuelle contamination. Ils viennent au travail en se sentant sous-estimés et regardés comme des pestiférés. Ils sont exposés chaque jour à des centaines de porteurs potentiels. Ils désinfectent chaque surface pour assurer votre sécurité. Ils ne reprennent pas vos sacs en drive car ils sont autant infectés que les caddies.

Alors… Quand vous irez dans un supermarché demain, posez-vous 15 secondes et demandez-vous comment vous aimeriez être traités si vous étiez à leur place. Pour le bien de tous.