Depuis quelques jours, la prime de 1000 euros est sur toutes les lèvres auprès des professionnels de la grande distribution. Cette prime exceptionnelle destinée aux salariés qui se rendent sur le lieu de travail pendant la crise sanitaire liée au coronavirus pourrait être revalorisée à hauteur de 2000 euros.

Si de nombreuses enseignes de la grande distribution ont annoncé et déclaré qu’elles verseront cette prime auprès de leurs salariés, la réalité du terrain on est tout autre. Car versée au bon vouloir des enseignes, chaque salarié ne pourra pas réellement en bénéficier.

Toutefois, pour assurer que cette récompense soit versée aux professionnels qui sont en “deuxième ligne” face à cette épidémie du coronavirus, une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, dit prime Macron, écrite en réponse à la mobilisation des gilets jaunes en 2019, et actuellement étudiée par le gouvernement.

Une récente mesure prévoit le doublement de cette prime, qui passerait de 1000 à 2000 €. Cette revalorisation est toutefois soumise à certaines conditions.

« Afin de permettre de récompenser plus spécifiquement les salariés ayant travaillé pendant l’épidémie de Covid-19, un nouveau critère de modulation du montant de la prime pourra également être retenu par l’accord collectif ou la décision unilatérale de l’employeur mettant en œuvre cette prime »

« Cette prime de gratification, que l’entreprise est libre de verser à certains de ses salariés, traduit la volonté du gouvernement de ne pas oublier tous ceux qui sont au front pendant cette crise et de rappeler l’importance de certains métiers, dont tous les Français mesurent aujourd’hui la portée dans notre pays ».

Muriel Pénicaud

Le versement de cette prime de 2000 euros est possible pour les entreprises qui n’ont pas encore versé cette prime Macron à leurs salariés et uniquement si elles disposent d’un accord d’intéressement. 

Le versement de cette prime sera assujetti à la présence ou non des salariés sur le lieu de travail. L’ordonnance nouvellement rédigé permet notamment de faire la distinction entre les salariés qui se rendent sur le travail (comme les professionnels de la grande distribution), et ceux qui travaillent en télétravail. L’enjeu de cette prime est « de récompenser les salariés au front qui tiennent leur poste de travail pendant cette période » assure Muriel pénicaud

Comme l’avait annoncé le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, cette prime est exonérée de cotisations sociales et entièrement défiscalisées, soumis à condition d’un accord d’intéressement avec les salariés.

Cette prime n’est pas obligatoire

Le contexte est toutefois beaucoup plus difficile pour les petites entreprises. Confrontées à des problèmes de trésorerie, les entreprises de moins de 20 salariés risquent déjà d’avoir du mal à payer leurs charges fixes dans les semaines qui suivent. Une prime n’est en aucun cas d’actualité.

Interrogé, ce gérant d’un supermarché a indiqué de son côté avoir “18 salariés, donc 18 000€ de prime”. S’il reconnaît la mobilisation de ses équipes il ne sait pas “où trouver cette somme” : “qui me les donne ces 18 000 € ? Défiscalisation c’est bien, mais d’où je sors le capital ?” décolère-t-il.

Derrière les effets d’annonces des grandes groupes de la grande distribution, la question des magasins indépendants et des magasins franchisés demeure encore floue. Cette prime n’étant pas obligatoire, elle reste au bon vouloir des chefs d’entreprise. Dans cet article, nous avions déjà remonté le nombre de décisions qui ont été annoncé auprès de salarié annonçant que de nombreuses entreprises avaient fait le choix déjà de ne pas verser de prime et ne la verseront pas. 

Des invitations au versement

Rappelons que les annonces des distributeurs indépendants relèvent plus d’une invitation que d’un versement. Ces annonces ont souvent provoqué la colère auprès des professionnels sur le terrain.

« Il a été décidé entre la plupart des distributeurs qu’une prime de 1000 euros pourrait récompenser les personnels de terrain mobilisés dans cette crise (…). L’enseigne invite l’ensemble des magasins indépendants de son réseau à définir les modalités d’organisation d’une juste gratification » Michel Edouard Leclerc, le 24 mars 

Idem du côté de Système U , « Les patrons de magasins indépendants de notre groupement coopératif sont appelés, en fonction des moyens de leur entreprise, à mettre en œuvre le même principe de prime exceptionnelle pour les salariés, en magasin et dans les drives. » et du côté d’Intermarché qui affiche aussi la même intention de « mettre en œuvre une rétribution annuelle exceptionnelle à l’ensemble des collaborateurs »

Mais cette prime sera-t-elle possible alors qu’un retour au calme est déjà constaté dans les magasins. De nombreux magasins décident même d’écourter leur amplitude horaire faute de clients dans les rayons. Des craintes quant aux baisses éventuelles de chiffre d’affaires subsistent pour ce mois avril qui s’annonce déjà difficile pour le secteur.