Ils sont employés de rayon, hôtesses de caisses, managers, directeurs… et sont actuellement très exposés à la propagation du coronavirus. Comme les professionnels de santé, ils sont aussi sur le pied de guerre pour répondre aux besoins primaires de cette crise, à savoir s’alimenter.

Largement au contact des consommateurs au quotidien, qu’ils soient dans les rayons ou en caisse, les salariés font passer leur colère sur les réseaux sociaux. Pas toujours protégés, ces professionnels de la grande distribution font face aux dangers de contamination du Covid-19.

Et quand on déambule dans un supermarché ou à l’attente d’un drive, on se rend vite compte qu’ils ne sont pas toujours équipés d’un masque ou encore d’un gant. Et pourtant, ils croisent chaque jour des centaines de clients, manipulent les mêmes produits ou les mêmes billets et monnaies.

Des mesures de protection mises en place

Face aux risques, des dispositifs de protection ont bien été mis en place : des plaques de plexiglas, du gel hydroalcoolique à volonté, des minutes dédiées au nettoyage et à la désinfection des caisses. Ces faibles mesures ne suffisent à rassurer ces professionnels en magasin. 

“Chez nous, le magasin a installé du plexiglas pour les caissières. Les horaires ont également été changé pour effectuer la mise en rayon. Nous disposons de gants et de gel et quelques rayons traditionnels ont fermé” explique Apolline.

Lors du discours d’Emmanuel Macron, l’attente était lourde à leur sujet. Résultat : pas un mot consacré à ces professionnels, pas une mesure annoncée pour leur protection, pas un remerciement pour encaisser la lourde charge de travail que les consommateurs leur imposent. Le discours du président s’est essentiellement orienté autour du consommateur et à l’invitation au civisme et faire leurs courses avec “discipline et distance”.

La fatigue se fait aussi ressentir

Stress, fatigue, épuisement, sans compter les remarques récurrentes des clients, les salariés se sentent aussi seuls que (presque) mal accompagnés.

Le niveau de stress est intense : “les clients nous font sans cesse des remarques sur les rayons vides, alors que c’est leur comportement qui crée la pénurie”.

Les professionnels subissent aussi les changements d’horaires peu adaptés à des modes de vie habituels. “Notre magasin nous impose de venir travailler entre 19h jusqu’à 1h afin d’éviter les contacts avec la clientèle” explique ici Audrey. Un autre membre confirme ce changement : “travail de nuit de 20h à minuit dans notre magasin” raconte Didier. “15 jours à ce rythme là c’est impossible on ne tiendra pas” insiste ici Carole, employé en grande distribution.

Des professionnels qui gardent le moral

Sur le terrain les professionnels conservent le moral malgré tout. “Même si c’est difficile, je fais juste mon travail, je ne veux pas la légion d’honneur” explique cet employé. 

Un autre membre de la communauté explique “on ne cherche pas à ce qu’on parle de nous, on veut juste un peu de respect de la part des clients”.

“Je pense que le tsunami est derrière nous !” s’enthousiasme un membre. 

Vers un retour au calme ?

En magasin, les premiers signes annoncent un retour à la normale, en tout cas, un retour vers plus de calme.

“Je pense que le tsunami est derrière nous !”.En magasin, la ruée vers les supermarchés s’est partiellement éteinte et la tension est semble-t-il retombée. “C’était calme cet après-midi” remarque cette employée drive. “Je pense que la folie furieuse va se calmer avec le confinement, nous allons pouvoir souffler un peu” explique cet employé.

“Par contre on a tellement de manques en magasin que les entrepôts vont encore devoir cravacher pour qu’on remettent le magasin d’aplomb”.