Impossible d’y échapper. Les caisses automatiques ont poussé dans de nombreux magasins ces dernières années. Et malgré “une animatrice de caisse” qui accompagne les clients dans l’encaissement de leur achat, ce modèle a fini par menacer un métier né il y a de cela plus de 60 ans.

“Ça tue l’emploi” peut-on parfois lire quand on évoque le sujet sur les réseaux sociaux.

Un modèle étendu

Aujourd’hui, la moitié des magasins en France sont équipés de caisses automatiques, au point de représenter près de 10% du chiffre d’affaires des grandes surfaces. Les magasins de proximité en ville sont particulièrement “client” de ce modèle, une façon de répondre aux attentes des clients urbains plutôt plus demandeur de rapidité et passer moins de temps possible en caisse.

L’avantage des caisses automatiques est connu. Elles permettent d’ouvrir à moindre coût le soir ou la nuit sans avoir besoin de rémunérer un salarié à ces heures d’ouverture. Un gain de d’argent mais aussi de temps.

Demain, ces caisses automatiques faciliteront l’ouverture des magasins le dimanche. C’eût d’ailleurs été le cas à Angers avec l’ouverture d’un magasin Géant le dimanche toute la journée et sans personnel en caisse après 13h.

Un métier qui disparaît

Si les enseignes affirmaient il y a quelques années que ces caisses ne réduiraient pas le nombre de salariés en caisse, la tendance serait tout autre. L’évolution de ce métier est bien réelle.

Selon la Fédération du Commerce et de la Distribution, le nombre de caissières en France a baissé de 5 à 10% ces dix dernières années. Elles (et ils) seraient 150 000 à occuper ce poste en France.

Une baisse causée par l’automatisation mais également par la baisse de fréquentation des hypermarchés qui ont réduit leur demande au niveau de ces emplois. 

Selon Delphine, caissière chez Carrefour depuis 23 ans, “le métier a connu beaucoup de changements : ouverture le dimanche matin, les caisses automatiques, le Scan’Lib, la file unique…”. En conséquence de cette mutation “l’absentéisme est de plus en plus présent”. “Les départs à la retraite et les démissions non remplacées usent moralement, d’autant que le client est aussi de plus en plus exigeant”.

Si le métier a changé, le client aussi

Le métier s’est complexifié. “On nous en demande toujours plus” précise Patou (pseudo Facebook). “Aujourd’hui on doit aussi distribuer des vignettes, des pubs en tous genre. On n’avait pas ça il y a encore 4-5 ans”.

Mais le changement le plus radical c’est le comportement des clients. “Les clients n’ont plus aucun respect. Tout leur est dû. Les incivilités sont quotidiennes.”