Considérés comme la « seconde ligne » durant le premier confinement, les salariés de la grande distribution attendent toujours une reconnaissance promise par le gouvernement pour valoriser leurs métiers. Quelques mois après les promesses, où en est-on ?

La grande distribution n’est pas épargnée depuis un an. En pleine transformation, le secteur a su faire preuve d’agilité pour répondre aux nombreuses mesures imposées par le gouvernement pour garantir la sécurité des consommateurs. Le secteur est d’ailleurs pratiquement l’un des seuls à avoir continué de fonctionner de manière (quasiment) normale face à l’épidémie de Covid19.  

Au front, cette « seconde ligne » constitue cette catégorie de professionnels sur le terrain, en contact avec le public, donc exposés à un risque sanitaire direct et s’occupant de tâches à priori moins valorisées quoique tout aussi nécessaire pour le pays. Parmi eux, les employés de grande distribution, mais aussi les personnels de propreté, éboueurs, livreurs.

Sur le terrain, les professionnels des rayons n’ont guère été épargnés ces derniers mois. Ballotés par les mesures gouvernementales, insultés par une poignée de clients, certains reconnaissent risquer leur vie pour continuer à assurer le fonctionnement des magasins.

Leur mobilisation exceptionnelle a mis en lumière l’écart qui existe entre leur utilité à la cohésion sociale et la manière dont ils sont reconnus. C’est pourquoi en début de novembre, le gouvernement a posé une première brique, en annonçant la mise en place d’une mission. Une mission qui vise à revaloriser les métiers de la deuxième ligne.

En quoi consiste cette mission ? (en trois phases)

Le ministère organise cette concertation en trois phases.

La première phase

La première phase a eu lieu. Elle consistait à définir ce qu’est un salarié de la « seconde ligne » à partir de la mission d’appui aux partenaires sociaux confiée à Sophie Moreau-Follenfant, ancienne DRH dans le secteur de la propreté, et Christine Erhel, économiste du travail spécialisée dans la mesure de la qualité de l’emploi.

Un mois et demi après le lancement de leur mission les deux personnalités ont arrêté une première liste de métiers concernés. Deux critères ont été croisés : leur exposition au risque du covid-19 et leur présence sur le lieu de travail pendant le confinement. Sont ainsi notés les métiers de la grande distribution, de la santé, de l’aide à domicile, du commerce, de l’agriculture, du gardiennage et de la sécurité, de la logistique, du transport et de la propreté. Une liste définitive des métiers sera arrêtée fin février ou début mars.

La seconde phase

Dans une deuxième phase, début 2021, une analyse approfondie des conditions de travail de ces salariés sera organisée. 

La troisième phase

Enfin, une troisième phase, qui aura lieu dans le courant de l’année, consistera à élaborer des réponses en matière de reconnaissance. Dans cette dernière étape, la plus importante, l’ouverture des négociations de branche. Seront sur la table les salaires, mais pas que car dans ces métiers les conditions d’emploi (CDD, temps partiel …), de travail, les perspectives de carrière ou l’existence d’un dialogue social au plus près des salariés sont des enjeux cruciaux. 

Ce « chantier » se déroulera sur plusieurs mois afin que ces métiers puissent bénéficier d’améliorations réelles et de long terme.