Ce nouveau modèle de supermarché coopératif et participatif se développe en France. Bâti avec des consommateurs-propriétaires, le concept séduit de plus en plus de consommateurs engagés.

De Paris à Nantes, de Bordeaux à Marseille en passant par Rennes, ces nouveaux concepts de supermarché coopératif se développent sur le territoire. Les clients sont à la fois propriétaires, clients et employés, et sont aussi bien des salariés, des étudiants ou encore des retraités. Ils sont issus de milieux différents et pourtant ils travaillent ensemble pour donner vie à cette surface de vente.

C’est quoi un supermarché coopératif ?

Le concept du supermarché coopératif est un nouveau modèle du genre. Le supermarché est un magasin dans lequel les clients sont cogérants. Ils sont chargés d’effectuer les tâches nécessaires au fonctionnement de la surface de vente. 

L’un des objectifs de ce concept est de permettre aux adhérents d’effectuer des achats en échange de missions à effectuer. Chaque adhérent doit donner au moins trois heures de son temps pour le fonctionnement du magasin pour la mise en rayon, assurer les passages en caisse, réceptionner les marchandises, effectuer le ménage ou encore des tâches de comptabilité. Les non-adhérents ne peuvent pas y faire d’achats.

Pour pouvoir y faire ses courses, les clients doivent donc mettre la main à la pâte. En plus de missions à réaliser qui nécessitent environ quelques heures de travail mensuelles, les cogérants doivent aussi cotiser à la coopérative. Ces parts sociales sont entre quelques dizaines d’euros et peuvent aller au-delà de 100 euros.

Le supermarché propose plusieurs centaines de références, en fonction de la taille de la surface de vente. La marge est fixée à 20% pour l’ensemble des produits. 

Le magasin est géré par quelques salariés afin d’assurer la continuité de l’activité ainsi que la partie administrative. Il dégage une masse salariale quasi nulle et ne réalise quasiment aucun bénéfice.

Ce type de magasin privilégie les produits bio et issus de la filière raisonnée. Pour ces consommateurs engagés, l’objectif est d’une part de rémunérer correctement les producteurs et d’autre part de proposer aux clients consommateurs une alimentation au rapport qualité/prix accessible à tous.

Les supermarchés coopératifs en chiffres

  • 1% des consommateurs français fréquentent les épiceries et supermarchés coopératifs et  14% d’entre eux affirment connaître le concept
  • Les achats réalisés dans ces supermarchés sont 15% à 30% moins cher qu’un panier classique.
  • Surface : généralement entre 200 et 500m2 situés dans les centres-ville
  • Marge uniformisée de 20% sur l’ensemble des produits

Le premier supermarché du genre, le Park Slope Food Coop de New York

Le premier magasin du genre est né aux États-Unis. La Park Slope Food Coop située dans la ville Brooklyn (New York) a été créée en 1973. Il compte aujourd’hui 17 000 membres.

Chacun des membres de la coopérative alimentaire s’engage à travailler de manière bénévole environ au minimum 3 heures chaque semaine. Autre engagement, un membre ne peut pas vivre en ménage avec un non-membre de la coopérative.

La politique de la coopérative est de proposer un large assortiment de produits responsables et respectueux de l’environnement. Le prix des produits est généralement inférieur aux prix pratiqués par les grandes enseignes de la distribution américaine.

La Louve, premier supermarché coopératif en France

En France, un supermarché de ce genre a ouvert ses portes en 2017. Baptisé La Louve, le supermarché, implanté un quartier populaire à Paris dans le 18ème arrondissement, rassemble plus de 7000 membres. Il s’agit de la plus grande coopérative de consommation en France.

Des supermarchés coopératifs en province

On peut retrouver ce type de magasins à but non lucratif sur l’ensemble du territoire. En effet, de nombreuses initiatives de ce genre fleurissent en province. On en retrouve à Toulouse, à Rennes, à Nantes, à Montpellier ou encore à Bordeaux