Selon une information de nos confrères de LSA, Thierry Cotillard, président d’ITL Alimentaire, a annoncé que Coca-Cola mettrait fin aux livraisons au sein de l’enseigne.  

Coca-Cola explique que le contrat avec l’enseigne arrivait à échéance le 31 décembre 2019. Les deux parties ne seraient pas parvenus à un accord commun. Selon la marque américaine, Intermarché a l’intention d’un “déréfencement massif” des produits de la marque.

Les livraisons sont en tout cas en attente. Cela signifie a priori que tant qu’un dialogue ne soit pas plus ouvert, Coca-Cola suspend ses livraisons. “Nous continuons de privilégier le dialogue avec Intermarché” assure Coca-Cola dans un communiqué” 

La réponse d’Intermarché

Le patron d’Intermarché l’assure :  Ce n’est pas le distributeur qui déréférence mais, l’industriel qui ne livre plus. Dans une note que LSA s’est procurée, c’est le fournisseur qui a décidé seul la suspension des livraisons. Pour rappel, Coca-Cola ce sont aussi les marques Fanta, Sprite, Fuzetea, Honest, Tropico, Caprisun et Monster. Une gamme extrêmement large est donc concernée par ces suspensions.

Rapidement, des ruptures sont déjà constatées en rayon. La raison du désaccord est la suivante : “Coca-Cola veut nous contraindre par tous les moyens à détenir une gamme 2020 que nous ne souhaitons pas”, pour reprendre les termes cités dans le communiqué.

Intermarché complète cette argumentation en ajoutant que le marché des softs est en déclin en volume (-3,2% sur les 12 derniers mois cumulés). Pour ses clients, l’’enseigne souhaite aujourd’hui donner plus de place à des produits plus sains afin de “préserver leur santé dans le long terme”. Une démarche relative aux questions de société actuelles et nouvelles valeurs du consommateur, toujours plus enclin à une consommation plus responsable.

La puissance américaine face à la consommation locale

Cette décision est aussi un signal fort. Coca-Cola impose son rayonnement pour justifier une présence dans les linéaires. Une décision au détriment des problématiques sociétales actuelles qui vise à donner plus de poids à l’économie locale. Intermarché, tout comme les autres enseignes actuellement, délivre ce message.

Dans sa note, Thierry Cotillard milite également pour l’indépendance de l’enseigne. “Nous n’acceptons pas qu’une multinationale entrave nos convictions, bafoue nos valeurs d’indépendance, face obstacle à notre liberté en termes de choix d’assortiments, au risque de faire « jurisprudence » auprès d’autres grands groupes”. L’enseigne semble avoir la ferme intention de ne pas céder face à l’ogre américain.